Dagbladet: Ici le navire norvégien ”Ice Crystal” arrive à quai au S.O.
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Encore un bateau norvégien avec cargaison provenant du Sahara Occidental occupé. Maintenant Ap (le Parti travailliste) promet une ligne plus dure.  
Mis à jour le: 18.09 - 2007 14:01Imprimez cette page    
Par Heidi Sæbø
Dagbladet, 7. juli 2007

Il y a une bonne semaine, Dagbladet.no a écrit un article sur l’armateur partiellement norvégien Gearbulk qui a exporté des phosphates du Sahara Occidental, pays occupé par le Maroc.

C’est agir contrairement aux recommandations des autorités norvégiennes et aux désirs du gouvernement d’exil du Sahara Occidental, qui accuse le Maroc du pillage et qui pense que l’exportation du phosphate contribue à financer l’occupation.

Maintenant Norwatch peut dévoiler que un cargo norvégien est encore arrivé à quai au Sahara Occidental.

"Pas de prohibitions"
Le lundi 2 juillet des caisses de poisson surgélé ont été chargées au bord du bateau «Ice Crystal», actuellement loué par la compagnie nord norvégienne Eimskip-CTG. Le navire est maintenant en route pour la Turquie avec sa cargaison.

Faits
  • Maroc et le mouvement de la libération Polisario luttent pour avoir le pouvoir dans le pays désertique et contrôlent chacun sa partie du pays. Le Maroc a construit un mur qui divise le pays du sud au nord ; ce pays voisin contrôle la partie ouest, le Polisario règne dans l’est.

  • La population totale est de 260 000 habitants. D’après le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental, la plupart d’entre eux vivent dans des camps de réfugiés en Algérie depuis les années 70. Le gouvernement d’exil est aussi en Algérie. Après que l’ONU ait négocié un cessez–le-feu en 1991, un référendum a été prévu en 1992. Ce référendum n’a pas encore eu lieu.

    Le Ministre des Affaires Étrangères M Jonas Gahr Støre sur la question du Sahara Occidental :
    Voici ce que Støre a répondu quand la députée Trine Skei Grande (parti libéral) a demandé ce que fait le Gouvernement, en général, pour soutenir la lutte de la libération non-violente au Sahara Occidental, et, plus concrètement, ce qu’il peut faire pour réagir contre les punitions et les abus excessifs contre ceux qui participent dans la lutte de la libération non-violente :

    Le Gouvernement partage le souci de la déléguée pour la situation au Sahara Occidental. C’est important qu’il y ait un mouvement positif dans ce conflit bloqué.

    Du côté norvégien, nous donnons notre plus forte adhésion au travail de l’ONU pour trouver une solution politique juste et durable qui soit acceptable pour les parties. A notre avis, cette solution doit défendre le droit du peuple sahraoui de l’autodétermination, conformément au droit international et aux résolutions de l’ONU. Dans sa résolution cette semaine (le 30 avril 2007), le Conseil de Sécurité de l’ONU incite le Maroc et le Polisario à entamer des négociations directes et inconditionnelles. La résolution demande aux pays membres de l’ONU de soutenir cela.

    Du côté norvégien, nous allons maintenant sonder auprès de l’ONU et d’autres acteurs concernés comment la Norvège pourra contribuer dans ce procès de la meilleure façon. Le Gouvernement suit attentivement la situation des droits de l’homme. Nous avons à plusieurs occasions exprimé notre préoccupation auprès du Maroc, et nous avons aussi soulevé des cas particuliers. Nous continuerons de faire ceci. Nous soulignons que toutes sortes d’abus dans le Sahara annexé doivent cesser et que les droits de l’homme soient respectés.

    Nous allons aussi oeuvrer pour que les parlementaires, les journalistes, les militants des droits de l’homme et d’autres observateurs internationaux puissent se déplacer librement dans la région.

    Du point de vue du Gouvernement, les violations continues des droits de l’homme soulignent l’importance d’élargir le mandat du corps d’observateurs de l’ONU, MINURSO, pour qu’il inclue la surveillance des droits de l’homme. Le mandat de MINURSO est décrété par le Conseil de la Sécurité.

    En attendant une solution qui donne la possibilité aux réfugiés de rentrer, il est important que l’ONU et la société internationale de donateurs gardent l’attention nécessaire à la situation humanitaire dans les camps de réfugiés en Algérie. La Norvège soutient ce travail humanitaire par ses contributions à l’ONU et aux organisations bénévoles.

    Au début de cette année, une délégation norvégienne a visité les camps de réfugiés en Algérie. On est maintenant en train de préparer une visite dans le Sahara Occidental annexé avec des représentants d’autres pays nordiques. Le but est de contribuer à une attention internationale plus grande à la situation humanitaire et juridique grave pour la population sahraouie et à l’urgence de trouver une solution politique de ce conflit.
  • Le directeur, Hans Martin Iversen, a dit à Dagbladet.no qu’il connaissait partiellement le conflit au Sahra Occidental, mais il ne voit pas que que la compagnie ait violé aucune prohibition. Il caractérise l’affaire comme « une tempête dans un verre d’eau »

    "Il n’y a pas de prohibition autant que je puisse voir. Mais je n’aime pas non plus la situation et pense que ceci est « une tempête dans un verre d’eau ». Il s’agit d’une escale au Maroc", dit Iversen.

    Quand, il y a deux ans, on a dévoilé que la compagnie norvégienne Yara avait importé du phosphate de Sahara Occidental, l’importation a été arrêtée immédiatement.

    En 2005, le Ministère des Finances a exclu la compagnie d’énergie américaine Kerr-McGee du fond de pension du gouvernment norvégien à cause de sa participation à la prospection pétrolière au Sahara Occidental.

    Le ministère a motivé cette exclusionen en disant que la prospection pétrolière était « une violation particulièrement grave des normes éthiques fondamentales, entre autres parce que ceci peut contribuer à légitimer la revendication de souveraineté du Maroc et ainsi saper le procès de la paix de l’ONU».

    Le Maroc occupe le Sahara Occidental depuis que les colons espagnols se sont retirés dans les années 70. Le pays n’a donc jamais été déclaré indépendant. et est considéré par l’ONU comme la dernière colonie africaine.

    N’a pas pu trouver d’information.
    Le directeur de Eimskip-CGT dit que, du côté de la compagnie, il n’était pas prévu d’aller au quai dans le port occupé ouest saharien Dakhla.

    "Nous nous sommes retrouvés dans cette situation via, via. Nous n’avions pas prévu ceci. Nous ne connaissions pas tout et les détails de l’affaire. Mais nous savions qu’il y a une discussion et une analyse de la question à l’ONU."

    "Est-ce que vous prévoyez de continuer des activités au Sahara Occidental ?"

    "Nous n’avons pas prévu d’y faire plus d’escales, mais nous ne donnons pas non plus de garanties. Nous allons là où il y a des activités à chaque moment. Ceci est un espace international", dit Iversen.

    Après avoir été contacté par Norwatch, il a consulté les pages Internet du Ministère des Affaires Extérieures pour chercher ce qu’on y recommande et ce qu’on y déconseille pour la région.

    Iversen n’a rien trouvé.
    "Je n’était pas à même de trouver d’information du ministère. Il se peut qu’il y en ait quelque part, mais je ne peux pas passer toute la journée à fouiller les pages Internet du ministère. S’ils veulent que nous arrêtions les activités là-bas, il faut qu’ils donnent des recommandations bien claires", dit Iversen.

    Signaux plus durs
    - Exactement, dit Eva Kristin Hansen du Parti travailliste.

    Elle était parmi ceux qui, le lendemain de l’article du Dagbladet.no sur le cargo norvégien, ont signé un appel à l’armateur Gearbulk, exigeant qu’ils arrêtent l’exportation du phosphate.

    Maintenant Hansen veut oeuvrer pour que son parti au gouvernement élabore une ligne plus dure et plus nette pour les compagnies norvégiennes.

    "Je m’inquiète sur l’évolution, et je pense que nous devons avoir un débat sur la façon de donner des signaux plus clairs. Aujourd’hui nous « déconseillons », mais peut-être faut-il être plus durs", dit Hansen à Dagbladet.no.

    Elle dit que ces questions ont été soulevées au congrès national du parti, et qu’on va continuer d’en discuter au sein du parti.

    "C’est évident qu’on doit régler ces questions".

    [Traduit du norvégien par le Comité Norvégien de Soutien au Sahara Occidental]

        


    EN ES FR DE AR


    Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

    Polémique à la COP22 - L'énergie verte marocaine utilisée pour piller

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    À la COP22, faites attention à ce que vous lirez sur les efforts du Maroc en matière d'énergie renouvelable. Une part croissante de tels projets est située dans le territoire occupé du Sahara Occidental, est utilisée pour le pillage des minerais. Le nouveau rapport WSRW le détaille.
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