Atlas Copco affirme que le pillage marocain du phosphate est légal
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Le groupe industriel suédois qui, au cours des dernières années, a refusé de répondre aux questions concernant sa participation au pillage par le Maroc du phosphate au Sahara Occidental affirme maintenant que l'exploitation du minerai du conflit est légale.
Mis à jour le: 29.05 - 2019 17:21Imprimez cette page    
En 2013, il a été révélé que la société suédoise Atlas Copco avait fourni des équipements de forage à la mine controversée de phosphate à Bou Craa, au Sahara Occidental occupé.

Après avoir refusé pendant six ans de répondre aux questions concernant la légalité de ses opérations au Sahara Occidental, Atlas Copco défend maintenant l’industrie marocaine des phosphates au Sahara Occidental occupé. La déclaration, publiée sur Twitter le 10 avril 2019, établit qu'Atlas Copco considère que les opérations du Maroc dans le territoire occupé sont conformes au droit international.

"Notre point de vue est que l'extraction du phosphate effectuée par notre client respecte les règles du droit international. Les Nations Unies classent le territoire comme non autonome, ce qui signifie que certaines règles s'appliquent, mais non qu'il existe une interdiction absolue de la vente", a déclaré Atlas Copco.

À travers cette interprétation, Atlas Copco révèle qu’elle défend une interprétation du droit international diamétralement opposée à celle de presque tous les investisseurs institutionnels privés et publics des pays nordiques, qui estiment que les exportations marocaines par l’intermédiaire de compagnie nationale l'OCP sont illégales. La légalité d'une telle opération est conditionnée à l'obtention du consentement du peuple du territoire. Cependant, ni le Maroc ni sa compagnie nationale n'ont jamais demandé la permission d'exploiter la mine sur les terres occupées illégalement. Le gouvernement suédois est du même avis.

De plus, on peut ajouter que le peuple du territoire ne bénéficie pas de ce commerce. La communauté des investisseurs nordiques a souligné ces deux aspects. Voir, par exemple, cette analyse du fonds de pension global du gouvernement norvégien, lors de l'exclusion des clients étrangers de l'OCP.

La déclaration d'Atlas Copco selon laquelle le territoire n'est pas autonome est correcte, mais le Maroc n'a pas le droit d'administrer le territoire. Il découle des lois de la décolonisation que les peuples des territoires non autonomes ont le droit souverain de décider de l'avenir du territoire et de ses ressources.

La déclaration inopinée d’Atlas Copco suit six ans de silence.

Alors que les nouvelles concernant les ventes d'équipements de forage d'Atlas Copco sur le territoire ont fait surface dans les médias suédois en 2013 et que plusieurs de ses investisseurs ont soulevé la question auprès de la société, Atlas Copco avait publié sur son site web une déclaration intitulée "Entreprises et territoires occupés ou non autonomes". En 2017, l'article a été remplacé par cette déclaration.

Le 17 mars 2019, Western Sahara Resource Watch déplorait qu'une série de questions concernant l'interprétation du droit international par la société soient restées sans réponse. WSRW avait également demandé pourquoi Atlas Copco considérait le Sahara Occidental comme faisant partie du Maroc (ce que suggère son site Web) et pourquoi elle avait supprimé sa politique sur le Sahara Occidental de son site Web. WSRW avait d'autre part souligné que, d'après la correspondance avec l'entreprise, "il n'est pas possible pour nous aujourd'hui - ni pour le peuple sahraoui qui est le propriétaire des ressources que le Maroc exploite illégalement avec l'aide du matériel Atlas Copco - de savoir comment vous évaluez ces questions." La lettre est restée sans réponse.

C'est néanmoins clair maintenant : Atlas Copco ne voit aucun problème à l’exploitation du phosphate par le gouvernement marocain dans un territoire non autonome sans le consentement de son peuple, et semble ignorer les dommages collatéraux que les opérations de ses clients dans une zone de conflit.

"Nous condamnons la volonté d'Atlas Copco de continuer à fournir à la mine du Sahara Occidental des équipements essentiels." Atlas Copco contribue à déposséder le peuple sahraoui des ressources dont il est propriétaire, et au financement de l'occupation du territoire. Les promesses faite par Atlas Copco à ses investisseurs depuis 2013 sont apparemment des coquilles vides. Comme la politique de l'entreprise s'est détériorée depuis la première révélation en 2013, malgré les interpellations des investisseurs, WSRW appelle les investisseurs de l'entreprise à cesser leurs avertissements et à exclure la compagnie de leurs portefeuilles ", a déclaré Erik Hagen de Western Sahara Resource Watch.

En 2018, le groupe Atlas Copco a été divisé en deux sociétés : Atlas Copco AB, spécialisée dans les clients industriels, et Epiroc AB, plus particulièrement dans les secteurs des mines, des infrastructures et des ressources naturelles. WSRW ignore si Epiroc a conclu un contrat avec Atlas Copco au Sahara Occidental. WSRW a aujourd’hui questionné Epiroc sur ce sujet.

Un nombre réduit d'entreprises et de pays importent du minerai de phosphate du Sahara Occidental. Vous trouverez des informations sur cette évolution dans le rapport WSRW "P pour pillage 2019", publié en avril 2019.


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Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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