La Cie canadienne Agrium prétend suivre la loi, silence sur comment !
Article image
Agrium Inc, l'entreprise canadienne qui a commencé à importer phosphate du Sahara Occidental occupé il y a quelques mois, prétend avoir à la fois la loi et les principes de la responsabilité des entreprises de son côté.
Publié 10 mars 2014


Dans une lettre à Western Sahara Resource Watch (WSRW) le 5 mars, Agrium Inc défend ses importations en provenance du Sahara Occidental occupé en citant le comportement responsable des entreprises et une série d'avis juridiques qui soutiendrait leur affaire. Pourtant, l'entreprise refuse de divulguer ces avis juridiques, ce que WSRW a demandé, avec l’argument qu’ils "sont bien sûr nos conseils juridiques confidentiels".

Agrium Inc a signé un contrat avec la compagnie nationale marocaine OCP (Office Chérifien des Phosphates) en 2011, acceptant de commencer l'importation à l'automne 2013. Mais OCP gère non seulement les réserves de phosphate du Maroc, il est également responsable de l'exploitation des mines de phosphates au Sahara Occidental - la dernière colonie d' Afrique, qui est en grande partie occupée par le Maroc. L'ONU estime que ces opérations et activités sont des violations du droit international, à moins que le peuple du Sahara Occidental, les Sahraouis, n’y consentent et en bénéficient.

WSRW a d’abord contacté Agrium au printemps de 2013, le mettant en garde sur le risque d'entrer dans un conflit prolongé et de saboter ainsi le processus de paix de l'ONU. Les questions soulevées par WSRW sont largement restées sans réponse, la société invoquant des raisons de confidentialité.

Agrium Inc a depuis admis importer du territoire occupé. Il a reçu ses premières livraisons à l'automne de l'année dernière.

Mais Agrium ne semble pas voir le problème. Au contraire, l’entreprise estime que le paiement au Maroc pour les minéraux qui sont déterrés au Sahara Occidental occupé est en ligne avec comportement responsable des entreprises et le droit international.

Dans la lettre du 5 mars à WSRW, Agrium affirme qu'il se trouve dans sa sphère d'influence «d'assurer, grâce à notre diligence et les efforts d'évaluation en cours, que les sites sur lesquels nous nous approvisionnons en roche opèrent de manière responsable et dans le respect de nos pratiques en matière de responsabilité d'entreprise. Grâce à notre diligence raisonnable, nous avons demandé et reçu une série d'informations de l'OCP sur leur entreprise, y compris les indicateurs clés sur leur performance environnementale, l'investissement de la communauté, le profil de la main-d'œuvre, etc"

" Nous demandons à la direction d'Agrium à respecter les principes fondamentaux des droits de l'Homme et du droit international. Comme la société a choisi de fermer les yeux sur le peuple sahraoui, nous appelons les actionnaires d'Agrium à la conscience éthique de céder leurs parts investies dans l'entreprise", a déclaré Sara Eyckmans, coordinatrice de WSRW.

Actualités

Heidelberg Materials renforce son rôle dans l'occupation du Sahara Occidental par le Maroc

L'entreprise allemande confirme une fois de plus que ses activités au Sahara Occidental occupé sont étroitement liées à l'expansion des infrastructures marocaines sur le territoire, tout en continuant de nier le droit au consentement du peuple sahraoui.

05 juin 2026

Le phosphate du conflit - quatre décennies de pillage

Depuis plus de 40 ans, une entreprise nationale marocaine exporte du minerai de phosphate du Sahara Occidental occupé.

29 mai 2026

L'une des côtes les plus riches du monde

Les stocks halieutiques du Sahara Occidental occupé ne suscitent pas seulement l'intérêt de la flotte marocaine : d'autres étrangers pêchent également dans les eaux occupées via des accords passés avec des homologues marocains. Le long du littoral du Sahara Occidental,s’est installée une industrie de transformation.

11 mai 2023

Les affaires juridiques UE - Sahara Occidental

Il est difficile de suivre les nombreuses procédures judiciaires relatives au Sahara Occidental. Cette page offre un aperçu des affaires portées devant la Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) à propos de ce territoire.

08 mai 2026