Un 1er navire conteste la décision de la Cour européenne sur le Sahara
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Deux semaines se sont écoulées depuis que la Cour de justice de l'UE a jugé que les produits du Sahara Occidental ne peuvent pas faire partie de l'accord commercial UE-Maroc. Un navire va maintenant transporter de l'huile de poisson du territoire occupé, probablement vers la France.
Mis à jour le: 06.01 - 2017 19:32Imprimez cette page    
Dans la soirée du 5 janvier 2017, le navire Key Bay est entré dans les eaux du Sahara Occidental. Après avoir attendu toute la journée un feu vert à l'extérieur du port d'El Aaiun, le navire est entré au port aujourd'hui autour de 18h ce soir, heure européenne.

Le navire est bien connu de Western Sahara Resource Watch. Le Key Bay et ses jumeaux ont transporté pendant de nombreuses années de l'huile de poisson du Sahara Occidental vers l'Europe. C'est le premier navire connu à défier l'UE et ses États membres sur la façon de considérer les importations de marchandises en provenance du Sahara Occidental, suite à la décision marquante le 21 décembre 2016 de la Cour de justice de l'UE.

Le jugement, se référant à la Cour internationale de Justice et aux résolutions des Nations unies, statue que le Sahara Occidental ne fait pas partie du Maroc et que l'accord commercial UE-Maroc ne peut s'appliquer au Sahara Occidental.

En début de semaine, le navire a fait escale dans la ville de Tan Tan, au sud du Maroc, peut-être pour charger une cargaison d'huile de poisson, en route vers El Aaiun, où serait chargé d'avantage du même produit. La dernière fois que le Key Bay a transporté une cargaison du Sahara occidental vers l'Europe, c'était en septembre 2016.

L'importateur du produit du territoire occupé est très probablement Olvea, une société française qui refuse de répondre aux questions concernant son commerce.

Le navire en question est affrété par Sea Tank Chartering, et appartient à Gezina AS, deux compagnies norvégiennes. L'implication des deux entreprises a fait par le passé la Une des médias scandinaves. A cette époque, le navire prenait les certificats d'origine marocaine à Tan Tan et la cargaison elle-même à El Aaiun.

Dans la journée, alors que le navire était encore à l'ancre à l'extérieur du port d'El Aaiun, WSRW a envoyé une lettre à l'affréteur du navire lui demandant de ne pas entrer dans le port lui-même. Voir ici la lettre.

Une autre lettre avait été envoyée le 31 décembre à Sea Tank par le Comité norvégien de soutien au Sahara Occidental, demandant de ne pas s'impliquer dans le commerce (en norvégien). Le navire se dirigeait déjà vers le sud le long de la côte du Maroc.

En 2010, les transports d'huile de poisson dans les mêmes bateaux vers la Norvège ont donné lieu à un long documentaire, primé, et diffusé à la télévision suédoise SVT. Dans le débat politique qui a suivi, le gouvernement norvégien a déclaré que ces produits ne pouvaient pas entrer en Norvège en vertu de l'accord de libre-échange AELE-Maroc, puisque le Sahara Occidental n'est pas le Maroc.

Par la suite, l'exportation entière est passée de Scandinavie à la France. Mais que se passe-t-il lorsque la Cour déclare de même que la Norvège - que le Sahara Occidental ne fait pas partie du traité commercial de l'UE ?

WSRW n'a pas reçu de confirmation de la prochaine destination du navire, mais statistiquement parlant, le bateau va probablement transporter de l'huile de poisson à Fécamp en Normandie, en France.

    

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Le Sahara Occidental est occupé par le Maroc. Les entreprises qui concluent des accords avec les autorités marocaines dans les territoires occupés, donnent un signe de légitimité à l’occupation. Cela ouvre aussi des possibilités de travail aux colons marocains et de recettes au gouvernement marocain. Western Sahara Resource Watch demande aux compagnies étrangères de quitter le Sahara Occidental jusqu'à ce qu'une solution soit trouvée au conflit.

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